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[Coupe de France 2e tour] : le compte-rendu (sans diagramme ni photo mais avec des parenthèses et des liens hypertexte).

Le deuxième tour de Coupe de France oppose l’échiquier du lac à l’équipe d’Écouen.

La composition de l’équipe n’est pas aisée, quelques excuses plus ou moins crédibles sont avancées pour refuser de jouer : raisons personnelles pour le président (c’est très louche, mais c’est le président), accompagnement des gamins pour Alain V. et Emmanuel (privilégier les sales gosses qui vont bientôt les bouter hors des équipes premières, on appelle ça du masochisme), voyage en province pour Alain K. (la Normandie fin octobre, est-ce vraiment une destination de rêve ?).
D’autres sont réticents (Pierre : « je n’ai pas trop envie de jouer en ce moment »  Laurent : « je n’ai pas trop envie de jouer en ce moment » – à croire qu’ils se sont concertés). D’autres encore n’invoquent même pas d’excuse (aucun nom ne sera donné par pure bonté d’âme du rédacteur).


Heureusement il y a Réda (il devrait changer son surnom pour « l’enthousiaste »). Le capitaine est donc bien obliger d’alléger la sanction prévue (cf. le compte-rendu de la première ronde d’interclubs ).

À quelques jours de la rencontre, l’éventualité d’un match à domicile se profile avec, en corollaire, la participation d’Emmanuel et Alain V. qui pourraient d’une main jouer la coupe de France et de l’autre donner des taloches aux affreux bambins qui ne suivraient pas leurs instructions. Par ailleurs le capitaine écouennais signale que son équipe sera amoindrie (intox ? c’est pas le genre de la maison. Amoindrie comment ? Sans leur maître FIDE au premier échiquier ? Sans Alain qui a joué au moins trois fois contre tous les membres de l’échiquier du lac de plus de trente ans ?).

Finalement le match se déroule à Domont (commune même pas limitrophe d’Écouen) donc Alain V. et Emmanuel confirment leur absence. Benoît plonge dans ses manuels de rhétorique et use de sa proverbiale diplomatie (Certains pourront confirmer qu’il n’a jamais perdu à ce jeu . D’autres – voire les mêmes – pourraient insinuer qu’il n’a jamais gagné non plus, mais c’est uniquement parce que les parties n’ont pas été terminées) pour convaincre Pierre et Laurent. Avec succès.

L’équipe est donc au complet : Pierre au premier échiquier avec les blancs, Réda au deuxième avec les noirs, Benoît au troisième avec les noirs et Laurent au quatrième avec les blancs.

Le jour dit, Benoît est légèrement en avance au premier rendez-vous, mais Laurent et Pierre sont d’une ponctualité remarquable (aucune ironie : Laurent a trente secondes d’avance et Pierre pose un pied sur le trottoir à l’exact moment où la chefmobile passe devant son domicile). C’est après que ça se gâte : Pierre critique le chemin choisi par Benoît pour accéder à la salle de jeu (critique complètement infondée selon Benoît : « ce chemin est à la fois court et rapide comme le signale google maps  ») puis le bruit émis par le véhicule à bas régime. Benoît boude pendant tout le trajet, Laurent ne pipe mot et Pierre explique pourquoi il a raison (en résumé : « Pierre à raison » est une tautologie).

Peu après leur arrivée, Réda et son coach rejoignent les pieds nickelés à Domont et l’équipe est accueillie par Ludovic, le capitaine écouennais.

Dans l’attente de leur deuxième échiquier (presqu’aussi souvent en retard qu’Emmanuel – à moins que ce soit le contraire) tout le monde lit la composition des équipes (et surtout le classement Elo de son adversaire) :
Pierre 2157 – Ludovic 2333
Alain 1902 – Réda 2051
Jean-Louis 1416 – Benoît 1881
Laurent 1894 – Denis 1184

Nous sommes donc presque favoris. Comme le fait remarquer Pierre (avec prescience, mais n’anticipons pas) : « Si Réda annule on est qualifiés ».

Réda demande à Benoît quelle ouverture joue Alain, mais Benoît ne peut que lui préciser qu’il joue la défense française avec les noirs. Poliment, Réda le remercie (mais en pensant « Peu me chaut l’ouverture que mon honorable adversaire emploie lorsqu’il joue avec les noirs, il aura les blancs pour notre imminente rencontre » ou une phrase ayant peu ou prou la même signification).

Les équipes d’interclubs Jeune sont enfermées à la cave pour ne pas gêner les vrais joueurs et le match peut commencer après quelques anecdotes et les rappels d’usage (café, téléphone, cadence, coup illégal etc.).

Après le deuxième coup des blancs joué sur l’échiquier voisin, Benoît s’exclame in petto « Bon sang ! Mais c’est… Bien sûr ! Je savais qu’il joue ce gambit. Que ne l’ai-je dit à Réda . Il eut pu se préparer psychologiquement. S’il appert que, par mon oubli, mon camarade est défait, comment pourrais-je me le pardonner ? » ou une phrase ayant peu ou prou la même signification.

Après une petite heure la situation est la suivante : Au premier échiquier Pierre a rapidement échangé les dames et possède un léger avantage ; Réda a refusé le sacrifice et transposé dans une variante plus classique ; Benoît joue son ouverture favorite (obtenue par transposition) et l’adversaire de Laurent montre par son développement sain et naturel que son classement Elo ne reflète pas son niveau réel.

Interlude : la bête noire.

Le phénomène de « bête noire » est courant dans plusieurs sports individuels. Pour des raisons de style de jeu voire psychologiques, les résultats des confrontations de deux sportifs de niveau comparable peuvent être très nettement en faveur de l’un des deux : par exemple aux échecs, Victor Kortchnoï avait un score écrasant contre Mikhaïl Tal.

Comme il le signale lui-même après le match, Ludovic, le premier échiquier d’Écouen et maître de la fédération internationale des échecs , est victime d’un syndrome de la bête noire très spécifique : il perd contre les joueurs de l’échiquier du lac lorsqu’il a les noirs.
En effet, lors des trois derniers matches contre Enghien-les-Bains durant lesquels il jouait en second, il a perdu (malgré un écart de plus de 150 points Elo en sa faveur) : lors de la saison 2017-2018, en N3 contre Pierre, puis en coupe de France contre Antoine et contre ce même Antoine en N3 lors de la saison 2014-2015.
Et l’histoire s’est répété à l’occasion de ce deuxième tour de la coupe de France de la saison 2018-2019.

Fin de l’interlude

Il ne s’agit pas de déprécier la performance de Pierre (ni la précédente ou celles de notre président bien-aimé). Car il a joué une partie quasi parfaite, accumulant rapidement les petits avantages pour conclure en beauté par un mat au milieu de l’échiquier. Mais son adversaire n’a pas saisi les occasions de défense plus résistantes et s’est fait littéralement écraser (Mémo au capitaine : songer à demander aux différents responsables des compétitions de bien choisir les couleurs de nos prochaines rencontres).

EdL – Écouen 1-0

Avec une victoire au premier échiquier, la situation est devenu confortable. D’autant que Laurent a gagné une quantité (deux pièces pour une tour) et Réda a obtenu une position plus calme (et donc moins propice aux fulgurances de son adversaire) : un avantage structurel et maîtrise de l’initiative ennemie (au prix du roque). En revanche Benoît a choisi une excentrique promenade royale que son adversaire rend plus téméraire par un dangereux sacrifice de pièce (toutefois, Shredder ne désapprouve pas la royale audace).

Après quelques tergiversations (et une gestion du temps qui fera le principal sujet de discussion du trajet retour), Laurent convertit son avantage matériel contre un adversaire manifestement sous-classé.

EdL – Écouen 2-0

La match est donc gagné (grâce à la victoire au premier échiquier).

Ne souhaitant pas dégrader sa structure de pion par l’échange des dames, Réda se résigne à répéter la position (la menace d’initiative adverse étant toujours gênante) et au partage du point sous le regard bienveillant de son coach.

EdL – Écouen 2½-½

Finalement Benoît réussit à mettre son roi à l’abri (de son propre aveu en oubliant de considérer nombre de manœuvres adverses, heureusement sans conséquence néfaste), puis à échanger quelques pièces pour transposer dans une finale aisément gagnée (et abrégée par un ultime cadeau).

EdL – Écouen 3½-½

Après quelques remarques sur la conduite des différentes parties (et beaucoup d’autocongratulation) chacun regagne son véhicule.

Dans la luxueuse limousine de Benoît, le retour est plus détendu que l’aller (avec 100 % des points l’ambiance y est presque enjouée). Prudents, Benoît demande à chaque carrefour le chemin préféré de Pierre, et Laurent acquiesce à tous les conseils prodigués par le premier échiquier quant à la gestion du temps et la prise de décision (conseils forts avisés mais qui seront certainement oubliés lors de la prochaine partie).

La rencontre de coupe de France n’ayant pas duré bien longtemps, les trois vainqueurs font un court détour par le club où se déroule le match d’interclubs Jeune.
Mais pas la moindre lueur émanant de l’espace du lac ne traverse l’épars feuillage des plantations de la rue du général de Gaulle.
Convenant que le match ne s’est probablement pas joué à l’aveugle, les passagers de la chefmobile en déduisent que les marmots ont déjà détalé sans s’enquérir des exploits de leurs glorieux aînés (et en sont fort marris). Après avoir pesté quelques secondes (« manque de respect… », « de mon temps… », « les jeunes de maintenant… », etc.), l’euphorie de la victoire (et la perspective de se désaltérer dans quelques minutes d’une tisane de malt ou d’un jus de raisin) dissipe vite leur amertume. Puis chacun regagne son domicile avec la satisfaction du devoir accompli.

Par cette jolie victoire l’échiquier du lac gagne le droit d’affronter la redoutable équipe de Bois-Colombes au troisième tour.

Rendez-vous le 9 décembre.

5 commentaires.

  1. Quel talent Benoit, pas besoin de diagrammes et d’images !

  2. Je me suis laissé dire que notre Kptain résistait de toute son humilité à la pression d’un éditeur qui le supplie de publier “Mes 60 meilleurs comptes rendus”.
    :)

  3. Combien de temps résistera-t-il ?

  4. Manu a tout dit.
    Bravo Chef !

  5. bravo !!

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