[N2 R9] : Une once, un soupçon, que dis-je, un atome de mauvaise foi.
Le match semblait trop déséquilibré, la victoire impossible, la défaite inéluctable et pourtant… et pourtant…
Malgré près de deux cents points Elo de moins par échiquier, malgré deux heures de circulation difficile, malgré le réveil matutinal de tous les membres de l’équipe, l’échiquier du lac a frôlé l’exploit. La victoire – synonyme de maintien en N2 – s’est joué à quelques infimes détails qui ont fait basculer une rencontre difficile et incertaine en défaite totalement imméritée. Jugez par vous-même :
1er échiquier : Olivier B.
Les blancs viennent de jouer 23. d5 et, malgré l’avance à la pendule et les deux cents points Elo de plus, constatant objectivement le net avantage noir, proposèrent de partager le point. Olivier hésita quelques temps mais, se rappelant les instructions d’avant match – victoire des blancs et nulle des noirs – se résigna à accepter.
2e échiquier : Alain V.
Les noirs viennent de jouer 19… Cc3 ? Notre grand stratège avait su trouver par lui-même sur l’échiquier la manœuvre subtile recommandée par les grands maîtres 8. Rf1 ! suivi de 10. Rg1 ! Mais, exténué par ces efforts, il manqua 20. Fxh7+ suivi de 21. Td4 qui permettait aux blancs d’obtenir une position clairement gagnante.
3e échiquier : Abdelkader
D’humeur combative lors de la reprise de la compétition après une année d’absence, craignant un précoce échange des dames Abdelkader refusa de jouer 12… O-O qui conservait une position complètement égale.
4e échiquier : Alain K.
Alain s’était défendu avec son opiniâtreté habituelle mais il me confessait après la partie n’avoir pas encore étudié la finale roi, tour et fou contre roi et tour. Il s’abstint donc de jouer 47. Rg2 craignant probablement 47… Tg1+ 48. Rf3 Txg3+ 49. Rxe2 et ne sachant pas évaluer la position obtenue. Or celle-ci est clairement nulle, et il n’aurait pas manqué de le prouver à son adversaire.
5e échiquier : Benoît
Est-ce le manque de confiance après une saison catastrophique – malgré la victoire chanceuse de la veille – ou la fatigue de la conduite de son véhicule de collection jusqu’à proximité des Flandres ? Le capitaine enghiennois ne joua pas 18… Fh5. Les noirs auraient gagner le pion d4 et obtenu un avantage probablement décisif.
6e échiquier : Vincent
Nullement impressionné par l’enjeu – c’était la première partie de Vincent en nationale 2 – ni intimidé par le classement de son adversaire – de cent points supérieur au sien – Vincent avaient jusqu’ici joué sans complexe. Par 28. c3 ! Il aurait pu obtenir un avantage décisif mais les complications tactiques étaient difficiles à évaluer.
7e échiquier : Christian
Visiblement déçu de ne pas rencontrer un joueur ayant un classement Elo d’au moins 2000 ce qui, au vu de ses résultats précédents, lui aurait assuré la victoire, Christian s’est rapidement déconcentré et n’a pas choisit la simplification 13… Fxf3 laissant l’avantage blanc minime. La responsabilité en incombe au capitaine qui n’a pas su gérer le potentiel du vétéran de l’équipe en le plaçant à l’échiquier que son talent méritait.
8e échiquier ; Monique
Faut-il reprocher à Monique sa fougue ou sa volonté de vaincre ? Assurément pas. Mais après 13. Dc2 ou Dd3 elle aurait conserver un léger avantage. Et même après 13. a4 Cf8 qui furent joués, 14. Fd2 laissait les blancs légèrement mieux.
Ainsi, la victoire tendait les bras à Alain V, Benoît et Vincent tandis qu’une nulle aurait largement été à la portée d’Olivier, Abdelkader, Alain K, Christian et Monique. Bien que « Petit Poucet » de la compétition, ces résultats – entièrement mérités comme vous avez pu le constater – nous auraient assuré la victoire et le maintien en N2.
Ce n’est que partie remise : fort de cette expérience, nous reviendrons tout aussi motivés mais encore plus expérimentés l’année prochaine.


